Un congrès, semble-t-il, n'est jamais une période facile pour un militant. Les occasions de colère ou de désespoir n'y manquent pas. Heureusement, il y a de temps en temps de bonnes raisons de se réjouir. La lecture du texte alternatif «Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps» fut l'une de ces occasions. La découverte, ce matin, du compte-rendu de la dernière assemblée générale de la section du cinquième arrondissement de Paris en est une autre. Le voici donc.
Prendre la démocratie au sérieux
Les communistes du 5e arrondissement de Paris se sont réunis en Assemblée générale le mercredi 22 octobre, pour discuter des trois projets de base commune proposés au vote.
Le projet proposé par le CN a été durement critiqué: long, confus, il est difficilement amendable, et ne nous aide pas dans notre militantisme. Il confond trop souvent rassemblement des salariés et rassemblement de la gauche, au risque de mettre la stratégie avant le projet, et d'oublier le projet communiste de dépassement du capitalisme au profit d'un projet de gauche. Enfin, il ne propose aucun bilan de la direction sortante, et des différentes stratégies menées dans la dernière période, alors que c'était une exigence de l'ANE.
Trois arguments ont été avancés en faveur de ce texte. D'abord, une camarade a affirmé vouloir voter pour ce texte, même si elle souhaite qu'il soit profondément amendé, parce qu'étant le texte du CN, il représente l'unité du parti. Il lui a été répondu que le texte n'a été voté que par 88 membres du CN sur 250, ce qui est un signe de division plutôt que d'unité. Au dernier congrès, pour préserver l'unité du parti, nous avons voulu cacher nos divisions: elles ont resurgi d'autant plus violemment dans les mois qui ont suivi. Nous ne voulons pas d'un nouveau congrès de ce type. Nous voulons un vrai débat.
Une autre camarade a affirmé vouloir voter pour ce texte, pour le réécrire ensuite entièrement. Il lui a été rappelé que le débat sur les amendements se déroulera successivement dans la section, à la fédération et au niveau national, que les militants ont donc peu de prise sur les amendements finalement adoptés, et que quoi qu'il en soit le texte ne serait jamais entièrement réécrit.
Enfin, la même camarade a justifié son vote par le fait que le texte du CN affirme clairement la volonté de continuer le PCF. Mais cette affirmation n'a pas semblé si claire a beaucoup de camarades, qui mettent en avant le terme de "métamorphose" du Parti, et qui soulignent que conserver le PCF, si ce n'est pas pour défendre un projet communiste, ça ne sert à rien. En outre, les deux autres textes affirment aussi la volonté de conserver le PCF, et l'affirment plus clairement.
Le deuxième texte, proposé par La Riposte, a pu séduire par son attachement au marxisme. Mais beaucoup ont trouvé cet attachement trop dogmatique, trop ancré dans le passé. Par ailleurs, de nombreux camarades ont souligné la tonalité méprisante du texte, qui donne des leçons aux communistes ("le PCF doit être fort") et aux travailleurs. Enfin, ce texte semble avoir pour but de faire en sorte que le PCF soit prêt au moment où le mouvement populaire deviendra révolutionnaire, ce qui ne nous convient pas: nous voulons un PCF qui cherche à agir dans le mouvement populaire, et nous voulons changer les choses tout de suite, sans attendre la révolution.
Le troisième texte a suscité l'approbation de la plupart des camarades. Malgré de nombreux points de désaccord, ce texte nous a semblé être le plus amendable, et donc la meilleure base pour travailler ensuite. Il est certes incomplet, mais il liste la plupart des questions que nous avons envie de débattre (l'Europe, nos propositions économiques, etc), et pourra donc être complété dans la phase d'amendement. Plusieurs camarades ont rappelé qu'il ne s'agit pas pour eux de voter "contre" la direction, mais de prendre au sérieux le choix démocratique qui nous est proposé, et de voter non pour un clan ou une tendance, mais pour un texte, choisi à la fois pour son contenu et pour les possibilités de débat et de travail qu'il offre.

Karl Marx a fait le récit de la courte histoire de la Seconde République et de cette prise de pouvoir dans un ouvrage intitulé Le Dix-huit Brumaire de Louis Bonaparte. Dans le dernier chapitre, il s'interroge sur la classe sociale qui a permis à Bonaparte de prendre le pouvoir. Il propose de considérer qu'il s'agit de ceux qu'il appelle "les paysans parcellaires".
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