Le 4 février : la fin de la démocratie ?
Par Olivier le mercredi 16 janvier 2008, 22:10 - Lien permanent
Texte publié dans le Petit Rendez-vous du 12 janvier 2008.
Le 29 mai 2005, 55 % des Français ont rejeté le traité constitutionnel européen par référendum.
Le 4 février 2008, les députés et les sénateurs vont-ils adopter un traité européen « modifié » sans exiger un référendum et en interdisant au peuple de se prononcer ?
C’est le projet de Nicolas Sarkozy, qui veut convoquer le Congrès ce jour-là pour adopter le nouveau traité par voie parlementaire. C’est le projet, bien sûr, de l’immense majorité des députés et des sénateurs de l’UMP. Qui s’en étonnera ? Pour la droite, les intérêts des marchés financiers passent toujours avant la volonté du peuple.

"Tout est possible"
pour les parlementaires du Parti Socialiste...
...même laisser l'UMP se moquer de la démocratie et annuler le vote du 29 mai 2005,
en s'abstenant au Congrès de Versailles le 4 février alors qu'ils pourraient provoquer un référendum en votant "non" !
(Cette affiche de 1972. Aujourd'hui, le PS ne dit plus "cela dépend de nous". Il dit : "la politique ne peut pas tout, il faut tenir compte des contraintes économiques.")
Pour adopter le nouveau traité européen, il faut modifier la constitution française. Pour cela, la majorité simple au Congrès ne suffit pas. Il faut que plus de 60 % des députés et des sénateurs présents ce jour-là votent en faveur de la modification. Bien que minoritaires à l’Assemblée nationale et au Sénat, les députés et les sénateurs de gauche peuvent atteindre 40 % avec l’aide des quelques parlementaires du centre et de droite qui ont annoncé leur intention de voter non. Un tel vote obligerait Nicolas Sarkozy à organiser un référendum.
La désertion du Parti Socialiste
Pourtant, le Parti Socialiste a l’intention de s'abstenir au moment du Congrès le 4 février ! Il laisserait ainsi le champ libre à l’UMP, qui n’aurait face à elle que les quarante députés et sénateurs communistes.
Cette décision est irresponsable et incohérente. Si les socialistes, comme ils le prétendent, veulent un référendum, ils doivent tous être présents le 4 février à Versailles pour voter non et obliger Nicolas Sarkozy à organiser un référendum. S’ils s’absentent, le oui rassemblera plus de 60 % et le référendum n’aura jamais lieu. Les parlementaires auront annulé le vote du 29 mai 2005.
Beaucoup de parlementaires socialistes sont favorables au « nouveau » traité, comme ils étaient favorables à celui du 29 mai. C’est pour cela qu’ils ne sont pas sincères lorsqu’ils disent vouloir un référendum. Le passage en force de Sarkozy leur évite d’avoir à tenir compte de tous les Français qui refusent l’Europe telle qu’elle se construit actuellement. Il leur permet aussi de continuer à penser qu’ils savent mieux que le peuple ce qui est bon pour le peuple.
Au Parti communiste, nous continuerons à nous battre pour que le peuple ait le pouvoir en France comme en Europe. C’est pour cela que nous demandons un référendum, et c’est pour cela que nous sommes opposés au « nouveau » traité, qui, comme l’ancien, donne des pouvoirs exorbitants à la Banque centrale européenne et aux commissaires européens (qui ne sont pas élus mais désignés par les États). Nous nous battrons aussi, une fois de plus, contre la dictature de l’économie de marché et contre la règle de la « concurrence libre et non faussée ».
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