Pour adopter le nouveau traité européen, il faut modifier la constitution française. Pour cela, la majorité simple au Congrès ne suffit pas. Il faut que plus de 60 % des députés et des sénateurs présents ce jour-là votent en faveur de la modification. Bien que minoritaires à l’Assemblée nationale et au Sénat, les députés et les sénateurs de gauche peuvent atteindre 40 % avec l’aide des quelques parlementaires du centre et de droite qui ont annoncé leur intention de voter non. Un tel vote obligerait Nicolas Sarkozy à organiser un référendum.

La désertion du Parti Socialiste

Pourtant, le Parti Socialiste a l’intention de s'abstenir au moment du Congrès le 4 février ! Il laisserait ainsi le champ libre à l’UMP, qui n’aurait face à elle que les quarante députés et sénateurs communistes.

Cette décision est irresponsable et incohérente. Si les socialistes, comme ils le prétendent, veulent un référendum, ils doivent tous être présents le 4 février à Versailles pour voter non et obliger Nicolas Sarkozy à organiser un référendum. S’ils s’absentent, le oui rassemblera plus de 60 % et le référendum n’aura jamais lieu. Les parlementaires auront annulé le vote du 29 mai 2005.

Beaucoup de parlementaires socialistes sont favorables au « nouveau » traité, comme ils étaient favorables à celui du 29 mai. C’est pour cela qu’ils ne sont pas sincères lorsqu’ils disent vouloir un référendum. Le passage en force de Sarkozy leur évite d’avoir à tenir compte de tous les Français qui refusent l’Europe telle qu’elle se construit actuellement. Il leur permet aussi de continuer à penser qu’ils savent mieux que le peuple ce qui est bon pour le peuple.

Au Parti communiste, nous continuerons à nous battre pour que le peuple ait le pouvoir en France comme en Europe. C’est pour cela que nous demandons un référendum, et c’est pour cela que nous sommes opposés au « nouveau » traité, qui, comme l’ancien, donne des pouvoirs exorbitants à la Banque centrale européenne et aux commissaires européens (qui ne sont pas élus mais désignés par les États). Nous nous battrons aussi, une fois de plus, contre la dictature de l’économie de marché et contre la règle de la « concurrence libre et non faussée ».