Un texte de Marine Roussillon.
Le PCF est-il mort ? Il semble bien que ce soit la question qui agite aujourd’hui le Parti, au-delà des "recompositions", "rassemblements" et autres "refondations" brandies par les uns et par les autres comme autant d’étendards.
Le PCF est mort. En témoignent les résultats toujours plus catastrophiques aux élections, que le sursaut des dernières législatives ne saurait masquer. En témoigne la victoire de Nicolas Sarkozy, et son audience dans les milieux populaires. En témoigne la progression constante de la LCR, qui semble prospérer sur les ruines du PCF. Le Parti Communiste est mort, résignons-nous. Et sauvons la gauche tant qu’il en est encore tant… Comment ? Ici les avis divergent, du Linkspartei aux alliances à la Prodi en passant par le grand rassemblement alter-tout, les solutions ne manquent pas.
Le PCF est mort. Les nouveaux prophètes de cette petite apocalypse sont justement ceux qui, des années durant, ont vécu du PCF. Et qui l’ont tué ? Nous n’irons pas jusque là. Voici Robert Hue, voici Patrick Braouezec, qui du Sénat, de l’Assemblée Nationale, nous ouvrent les yeux : le PCF est mort, disent-ils. Et pourtant, eux, sont toujours là. Et voici derrière eux le cortège des croque-morts… « Mais oui, petit, tu sais, avant, on faisait 20%, mais maintenant… Il n’y a plus rien à faire… »
Le PCF est mort. Et moi ? Et nous ? Nous qui avons rejoint le PCF il y a un, deux, trois ou quatre ans, un PCF à 3%, qui l’avons rejoint justement parce que nous ne voulons pas qu’il meure ? Et nous qui sommes nés avec les trahisons socialistes, qui ne connaissons de la gauche que ses compromissions, et de l’extrême gauche que son impuissance ? Nous qui n’avons pas fait la moindre révolution, qui avons grandi après la chute du mur de Berlin, à l’ombre de l’impérialisme américain, et qui pourtant nous battons, dans nos entreprises et nos quartiers, pour avoir le droit de vivre, pour en finir avec le capitalisme ? Et nous qui, bêtement, avons passé ces dernières années, ces derniers mois, à militer, nous sommes qui, nous ? Un cadavre ? Et si nous, nous en voulions encore, du PCF ?